Révolution à Paris – Brasserie de l’Union à Bruxelles

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  1. Révolution belge

    La révolution belge de 1830 est la révolte de plusieurs provinces du sud du Royaume des Pays-Bas contre le roi Guillaume Ier. Suite à l’implication des nations voisines, elle mena à l’indépendance de la Belgique proclamée par le Gouvernement provisoire de Belgique le 28 septembre 1830.
    —-
    Les griefs des provinces du Sud

    Les griefs des provinces du Sud portaient sur plusieurs points.

    – Bien que le Sud comptât 3,5 millions (62 %) d’habitants et le Nord seulement 2 millions, les Belges ne représentaient que 50 % des sièges aux états généraux15. Notons cependant que le Nord, surtout la Hollande, payait plus d’impôts.
    – La dette publique des anciens États avait été rassemblée et était maintenant supportée par l’ensemble du royaume16. Or elle était au départ de 1,25 milliard de florins pour les Provinces-Unies et de seulement 100 millions pour le Sud.
    – L’action de Guillaume Ier dans le domaine de l’enseignement (construction d’écoles, contrôle des compétences des enseignants et des créations de nouveaux établissements, création de trois universités d’État) le plaça sous le contrôle total de l’État, ce qui mécontenta l’opinion catholique18. Cependant, le 27 mai 1827, le roi abrogea les dispositions les plus critiquées19.
    – La plupart des institutions avaient leur siège dans le Nord et les charges publiques étaient réparties inéquitablement. Seul un ministre sur quatre était belge. Il y avait dans l’administration quatre fois plus de Hollandais que de Belges. Cela était néanmoins en partie dû à l’opposition des catholiques à la Loi fondamentale. Maurice de Broglie, évêque de Gand d’origine française, menaça même d’excommunication ceux qui y prêtaient serment20.
    – Le contingent imposé à la Belgique par le recrutement de miliciens était proportionnellement élevé, alors que la proportion de Belges parmi les officiers était faible : seul un officier sur six était originaire du Sud et encore étaient-ils surtout représentés dans les grades les plus bas, notamment dans la cavalerie et l’infanterie. Dans l’artillerie et le génie, où une formation spécialisée était nécessaire, le nombre de Belges était vraiment réduit. La plupart des soldats belges étaient donc commandés par des officiers du Nord. De plus, la langue néerlandaise devient l’unique langue de l’armée batave en 182321, ce qui constitue un grief supplémentaire de la part des francophones.
    – L’application insatisfaisante de la liberté de la presse et de la liberté de réunion étaient considérée par les intellectuels belges comme un moyen de contrôle du Sud par le Nord.
    – En 1823, une réforme linguistique consacra le néerlandais comme langue officielle dans les provinces flamandes, y compris le Brabant méridional (sauf Nivelles). Cette législation souleva l’opposition des classes francophones. Les classes populaires flamandes n’y étaient pas favorables non plus, car elles ne parlaient pas et comprenaient à peine le néerlandais standard. Le 4 juin 1830, la liberté linguistique fut rétablie22.
    – Les conservateurs des Pays-Bas du Nord faisaient pression pour que seuls les fidèles de l’ancienne Église d’État (protestante) pussent être nommés au gouvernement, alors que les conservateurs belges voulaient rétablir le catholicisme comme religion d’État en Belgique. La coexistence de deux religions d’État sur l’ensemble du royaume était inacceptable par les deux camps. Jusqu’en 1821 le gouvernement se servit de l’opposition des catholiques à la Loi fondamentale pour conserver le caractère protestant de l’appareil d’État par le biais des nominations de fonctionnaires. Guillaume Ier lui-même était un partisan de la tradition luthérienne allemande, selon laquelle le souverain est le chef de l’Église. Il voulait contrer l’autorité du pape sur l’Église catholique. Il souhaitait pouvoir influencer la nomination des évêques23. Pour contrôler les futurs prêtres et leur donner une formation appropriée, il obligea les séminaristes à suivre d’abord deux ans de cours au Collège philosophique de Louvain19, que ses fonctionnaires créèrent dans les bâtiments qui avaient abrité le séminaire central de Joseph II. Finalement un concordat fut conclu en 1827, aux termes duquel Guillaume Ier obtenait un droit de regard sur la nomination des évêques et la fréquentation du Collège philosophique devenait facultative23. Conscient du fait que son nouveau royaume était majoritairement catholique (3,8 millions de catholiques pour 1,2 million de protestants), il prit des dispositions pour qu’il fût possible qu’un roi catholique accédât au trône.
    – Les commerçants et les industriels belges se plaignaient de la politique de libre-échange menée à partir de 1827. La séparation de la France avait fait perdre à l’industrie du Sud une grande partie de son chiffre d’affaires. D’autre part, la colonie des Indes orientales connaissait une longue période de révolte et les produits britanniques concurrençaient la production belge. Avec la fin du blocus continental, le continent était envahi par des produits britanniques bon marché, appréciés par le Nord, encore surtout agricole, mais qui excluaient les productions du Sud.

    Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_belge

  2. Une Europe des élites ?

    Réflexions sur la fracture démocratique de l’Union européenne
    EDITE PAR OLIVIER COSTA ET PAUL
    Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 2007.
    DIGITHÈQUE – Université libre de Bruxelles
    http://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/i9782800413990_000_f.pdf
    ===
    La dénonciation du gouvernement par les élites est à la fois triviale et
    politiquement pertinente. Les institutions politiques contemporaines sont toutes
    élitistes, la gouvernance démocratique étant fondée sur le choix de groupes de
    personnes spécifiques partageant des caractéristiques particulières pour exercer les
    responsabilités politiques. Les responsables politiques, dont certains deviennent
    ministres ou aboutissent à Bruxelles, sont des professionnels de la politique, dotés de
    compétences rares, qui font des choses que les citoyens ordinaires ne savent pas faire
    et, pour la plupart, ne veulent pas faire. Les « bureaucrates » – les administrateurs
    professionnels – ont les capacités nécessaires à la mise en oeuvre et à l’évaluation
    de politiques complexes, et effectuent eux aussi des tâches qui échappent aux
    compétences des citoyens. Habituellement, nous acceptons ce règne des élites parce
    qu’une partie significative d’entre elles sont élues pour « représenter » nos intérêts, et
    parce que nous croyons que la transparence, l’existence de règles claires, le principe
    de responsabilité et le contrôle politique évitent les abus de pouvoir potentiels. En
    général, nous reconnaissons qu’une division du travail entre les spécialistes et les
    profanes est raisonnable dans les systèmes démocratiques, comme elle l’est pour
    bien d’autres aspects de la vie. La rhétorique anti-élitiste reste néanmoins un puissant
    instrument de mobilisation. Notre tolérance envers les élites et leurs pratiques est
    volatile, car fondée sur une confiance friable : aussi, nous laissons-nous facilement
    aller à la dénonciation de « l’élitisme » des comportements et des politiques que nous
    désapprouvons.
    Il n’est donc pas surprenant que l’Union européenne soit stigmatisée pour
    son caractère élitiste, ne serait-ce que parce qu’elle partage les caractéristiques de
    l’élitisme démocratique qui affecte la vie politique des Etats membres. Le rôle des
    élites dans ce système politique est, cependant, d’autant plus controversé qu’il ne
    s’agit pas d’un Etat, et qu’il ne semble pas prêt de le devenir, s’il le devient jamais.
    Les institutions de l’Union ont été créées afin de promouvoir la coopération entre des
    Etats démocratiques ; leur succès en la matière, malgré les profonds désaccords qui
    existent entre ces Etats, reste sans précédent. Bien entendu, cette capacité à surmonter
    les conflits implique que les mécanismes de décision les plus importants sont
    intergouvernementaux, et reposent sur des négociations entre les représentants des
    gouvernements démocratiquement désignés. Pour des raisons historiques et pratiques,
    les ministres ont pris l’habitude de se réunir à huis clos, conformément à la pratique
    diplomatique classique. Ces mécanismes de décision qui échappent à la connaissance
    et à la compréhension des citoyens, alors même qu’ils ont un fort impact sur leur
    vie quotidienne, sont fréquemment critiqués pour leur élitisme. Ce phénomène est
    favorisé par les stratégies des responsables politiques nationaux qui, alternativement,
    revendiquent la paternité de certaines décisions et en récusent d’autres. Ironiquement,
    ils sont en effet à la fois les acteurs centraux et les principaux détracteurs de l’Union.
    Quand celle-ci agit de manière bénéfique, les responsables nationaux en assument
    volontiers la responsabilité ; mais lorsqu’elle prend des décisions qui déplaisent à
    certains citoyens, ils sont prompts à stigmatiser les excès de « Bruxelles ». L’Union
    est d’autant plus sensible à la dénonciation de son élitisme qu’elle est assimilée
    dans le discours commun à la Commission européenne et plus largement aux
    « eurocrates ». Les architectes de l’Union, qui avaient tiré les leçons de l’ordre
    westphalien, savaient que des négociations intergouvernementales conduiraient à des
    impasses ou à de mauvais compromis, sans rapport avec les besoins de la construction
    européenne. Ce constat les conduisit à instituer une Commission, capable de proposer
    des politiques publiques et de favoriser la coopération intergouvernementale. Cette
    invention institutionnelle – alliée au caractère contraignant du droit communautaire
    et au mécanisme de la décision à la majorité qualifiée – a permis à l’intégration
    européenne de remporter un succès sans précédent, du point de vue de la gouvernance
    internationale. En contrepartie, elle a fait des « eurocrates » des boucs émissaires
    commodes. L’attribution au Parlement européen de pouvoirs croissants n’a pas permis
    de remédier à cette situation.
    Depuis des décennies, les chercheurs et responsables politiques stigmatisent
    et analysent le « déficit démocratique » de l’Union européenne. Les relations
    problématiques entre les élites de l’Union et les peuples constituent un autre niveau
    d’interrogation, tout aussi pertinent. La grande vertu du présent ouvrage est de
    l’aborder et de montrer que la confiance, ténue mais réelle, qui existe entre les citoyens
    et les élites dans les démocraties nationales est beaucoup plus faible à l’échelle de
    l’Union. Les contributions réunies dans cet ouvrage analysent les diverses dimensions
    du problème. Qui a confiance dans les élites européennes ? Les citoyens qui leur
    apportent leur soutien sont eux-mêmes des élites à l’échelle nationale, ce qui contribue
    à accentuer les clivages domestiques autour des questions européennes. Qui sont les
    élites européennes ? Sont-elles homogènes ? Quelles sont leurs relations avec les
    autres élites ? Les chapitres de cet ouvrage traitent de ces questions sous de multiples
    angles. Ils montrent que les élites de l’Union n’ont pas toujours été suffisamment
    conscientes de la défiance qu’elles inspirent, et ont de ce fait amplifié le phénomène.
    Les difficultés récentes de l’Union, illustrées par le rejet du traité constitutionnel lor
    s des référendums français et néerlandais, ont toutefois changé la donne : tous les acteurs
    de l’Union sont désormais sensibilisés à la nécessité de trouver de nouvelles réponses
    au manque de confiance et de soutien dont souffre l’Union. Comme le montrent
    certaines contributions, les élites européennes ont consacré récemment une grande
    énergie à cet enjeu. Hélas, leurs bonnes intentions et leurs efforts pour construire
    des alliances, clarifier leur discours, mieux communiquer, assurer une plus grande
    transparence et, d’une manière générale, se tourner vers les citoyens afin de renforcer
    leur confiance dans l’Union, se sont systématiquement heurtés à des obstacles au sein
    des Etats membres. Les médias nationaux ont largement ignoré ces efforts, ou les ont
    interprétés selon des grilles de lecture nationales, et il n’existe pas de média européen
    capable de compenser ce phénomène. Les partis politiques et les députés européens
    ont essayé de se focaliser sur les vrais enjeux de la construction européenne, afin de
    raviver la confiance des citoyens, mais il est extrêmement difficile pour eux de se faire
    entendre.
    Les relations entre les élites européennes et les citoyens, comprises sous l’angle
    de la confiance et de la légitimité, n’ont cessé de se dégrader depuis la création
    des Communautés il y a cinquante ans. La situation a atteint un seuil critique, en
    raison notamment du nombre croissant, et désormais considérable, de domaines dans
    lesquels l’Union européenne a un impact direct ou indirect sur la souveraineté des
    Etats membres. L’omniprésence de l’Union dans la vie des citoyens a fait de la nature
    et du rôle des élites européennes une question centrale du débat public. La définition
    de stratégies viables, capables de susciter le soutien dont elles ont besoin et de rassurer
    les citoyens, est particulièrement délicate. Une Europe des élites ? est un recueil
    virtuose des travaux de chercheurs francophones en sciences sociales qui explorent
    cette question centrale. Pour un outsider comme moi, l’absence de l’institutionnalisme
    froid, technique, souvent analytiquement frustrant, qui domine la recherche
    anglophone sur l’Union européenne est extrêmement stimulante. Nous évoluons non
    pas dans un paysage dominé par des controverses méthodologiques et théoriques, qui
    tendent à masquer la complexité des choses, mais dans un monde social sans frontière,
    peuplé de vrais acteurs, confrontés à de vrais problèmes, souvent décrits sur un mode
    original, de manière créative, vivante et stimulante. La problématique générale et la
    sociologie politique des élites se prêtent particulièrement bien à ce type d’exploration.
    Cet ouvrage propose un large éventail de méthodes et d’hypothèses susceptibles
    d’ouvrir de nouvelles voies de recherche et d’enrichir les travaux existants. Tous ceux
    qui s’intéressent à l’Union et à la construction européenne doivent espérer que cet
    ouvrage et ses auteurs annoncent de nouvelles approches de ces objets ; en effet, ce
    type de travaux ne se contente pas d’améliorer notre compréhension de l’Union, mais
    pourrait également aider concrètement l’Europe à aller de l’avant.

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